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Allergies : non aux idées reçues


L'Organisation mondiale de la santé a classé l'allergie au 4e rang mondial des pathologies. Cutanée, alimentaire, respiratoire ou médicamenteuse, l'allergie a différents visages et suscite bien des idées reçues. Le point avec le Dr Jean-Éric Autegarden, allergologue, attaché à l'hôpital Tenon à Paris.

On abuse du terme « allergie »... « Tout n'est pas allergique. L'asthme, les rhinites ou l'eczéma peuvent avoir d'autres origines. On emploie ce terme alors qu'il s'agit bien souvent d'une intolérance », explique le docteur Autegarden. Le cas des allergies alimentaires est assez symptomatique, comme le constate le Dr Etienne Bidat, pédiatre, dans la revue Le Généraliste : « Un test positif à l'œuf ne signe pas obligatoirement une allergie, mais peut n'être que le témoin d'un terrain allergique. Or, on ne traite pas une sensibilisation mais un patient. » D'où l'importance de consulter un spécialiste avant de se lancer dans un traitement.

L'allergie à la poussière n'existe pas : « On n'est pas allergique à la poussière mais aux acariens, ces petites bestioles qui vivent dans les matelas. Et pour avoir une réaction, il faut être en contact avec eux », insiste le docteur Autegarden. Par exemple, si vous êtes sujet à ce type d'allergie, il n'est pas nécessaire d'arracher votre moquette sous prétexte que c'est un « nid à poussière ».

Les poils de chat ne rendent pas allergique : « Ils ne font que transporter une protéine sécrétée par la peau du chat. Et ce n'est pas parce qu'on éternue à cause des poils de chat que l'on est forcément allergique. Ce peut être une simple irritation », explique l'allergologue.

L'urticaire n'est pas toujours allergique : « Plus de 90 % des cas ne le sont pas », constate Jean-Éric Autegarden. Il s'agit le plus souvent d'une maladie cutanée chronique bénigne.

La pollution ne rend pas allergique : « La pollution est aggravante mais pas allergisante. Si vous présentez une allergie respiratoire, votre muqueuse sera plus fragile et vous y serez plus réactif. Les fumées d'échappement, par exemple, sont irritantes, mais elles ne sont pas responsables d'allergies à proprement parler », explique le docteur Autegarden.

Ce n'est pas toujours héréditaire : « On estime à 60 % les risques de développer une allergie si les deux parents sont allergiques, et à 30 % si un seul des deux parents l'est. On peut aussi être allergique sans qu'aucun des parents ne le soit », indique l'allergologue.

L'allergie au pollen est aussi fréquente en ville : le vent se charge de transporter les particules allergisantes et vous pouvez tout à fait éternuer ou avoir le nez qui gratte en plein cœur de Paris.

Un grand ménage ne limite pas les allergies : ce n'est pas parce que vous briquez votre intérieur de fond en comble que vous serez à l'abri. « Ce qui augmente le contact avec les allergènes, c'est le confinement. On vit dans des maisons fermées, avec des animaux à l'intérieur : ces conditions de vie sont propices aux allergies  », insiste le docteur Autegarden. Une bonne aération et un bon entretien de votre intérieur seront plus efficaces qu'une attitude « hygiéniste » à grand renfort de produits anti-bactériens.

Pour aller plus loin :

http://allergienet.com/index.html

Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) http://www.pollens.fr/accueil.php

Anne Gauthier

(c) Thikstock / Getty Images


(Article publié le 02.05.12)
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