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La dyslexie : mieux la connaîtreLéonard de Vinci, Albert Einstein ou Steve Jobs avaient un point commun : la dyslexie. Il s'agit d'une difficulté d'apprentissage de la lecture sans troubles neurologiques, intellectuels ou psychologiques. En clair, on est intelligent (voire supérieurement), mais on a du mal à déchiffrer des textes. Pour l'orthophoniste Béatrice Sauvageot*, trop d'idées reçues circulent sur la dyslexie. Pas de dépistage précoce : « On ne peut pas dépister un dyslexique avant 7 ou 8 ans. À la maternelle, si on leur parle de dyslexie, les parents ne doivent pas se laisser faire. Prenez l'exemple de l'écriture miroir qui consiste à écrire les lettres à l'envers, tous les enfants ou presque le font quand ils passent du dessin à l'écriture ! Idem pour l'inversion des syllabes : un jeune enfant qui parle en confondant certaines syllabes n'est pas forcément dyslexique », insiste l'orthophoniste. On est dyslexique pour la vie : « Absolument. La dyslexie crée un handicap comme pour les gauchers. Les dyslexiques sont plus lents car ils utilisent 30% de leur cerveau en plus, un peu comme les surdoués », explique Béatrice Sauvageot. On apprend à vivre avec : « Certainement pas. Il faut être rééduqué », affirme la spécialiste. Mais attention, Béatrice Sauvageot prône un respect du rythme neurologique. « Un enfant qui apprend à marcher, on le laisse tomber et se relever ; il faut faire pareil avec les dyslexiques. » En clair, elle encourage à ne pas se précipiter sur les médicaments, à prendre le temps de mettre en place un suivi. Il y a plus de dyslexiques : « Oui et non. En fait, on dépiste davantage. Par exemple, dans les pays nordiques, on teste désormais les filles après 8 ans, et forcément, on trouve davantage de dyslexiques », constate Béatrice Sauvageot. Selon l'Organisation mondiale de la santé, 8 à 12 % des enfants sont atteints, avec plus de 88 % de garçons. La méthode globale d'apprentissage de la lecture rend dyslexique : « Non. La méthode globale a de bons et de mauvais côtés, elle est utile pour certains, moins pour d'autres, mais elle ne rend pas dyslexique », indique Béatrice Sauvageot. D'autres idées fausses circulent contre lesquelles Béatrice Sauvageot veut lutter : « Confondre sa gauche et sa droite ne veut pas dire que l'on soit dyslexique. » Et selon l'orthophoniste, « la dyslexie ne conduit pas forcément à la dysorthographie ». « En revanche, s'il y a une idée reçue qui est fondée, c'est que les dyslexiques sont un peu perdus dans le temps et l'espace ! », conclut Béatrice Sauvageot. *Orthophoniste et fondatrice de l'Association Puissance Dys. Plus d'informations sur : www.bilexie.fr Anne Gauthier © Thinkstock/Getty Images |
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(Article publié le 24.01.12)
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