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Les tics de l'enfant


Clignements des yeux, mouvements d'épaules, rictus : les tics n'épargnent pas les plus petits. Ces mouvements involontaires brusques et répétitifs peuvent devenir gênants et complexants. Pour aider son enfant à s'en sortir, Noëlle Le Cam, psychologue clinicienne, nous éclaire

Que traduisent-ils ?

« Les tics apparaissent soudainement, en général autour de 4 ou 5 ans. Ils traduisent une anxiété liée à un événement familial, scolaire ou à un problème affectif. L'enfant n'ayant pas les mots pour exprimer ses angoisses, son corps va prendre le relais et verbaliser les craintes », explique Noëlle Le Cam. D'ailleurs, lorsque l'enfant dort ou fait du sport, ses tics disparaissent « car le corps est mobilisé sur autre chose que les angoisses », complète la psychologue. Les enfants les plus sensibles, les plus émotifs sont évidemment les plus exposés.

Quelle attitude adopter ?

On ne peut pas les ignorer. Il faut en parler mais sans en faire une affaire d'État. « L'enfant ne se rend pas forcément compte qu'il a des tics. On doit l'aider à en prendre conscience », explique Noëlle Le Cam. On peut lui faire remarquer mais sans trop insister. « Lui faire sans arrêt des réflexions ou se moquer ne servira à rien et cristallisera les tics », ajoute-t-elle. Il ne faut jamais oublier qu'il ne maîtrise pas ces mouvements. Cette situation est parfois mal vécue par les parents eux-mêmes qui n'apprécient pas de voir leur enfant raillé ou critiqué, mais il est important d'éviter de se sentir visé. L'enfant souffre de cette situation bien davantage encore.

Comment l'aider ?

« Il y a forcément des moments où les enfants sont plus fragiles, plus fatigués », souligne Noëlle Le Cam. Quand des tics apparaissent, il n'est pas nécessaire de s'alarmer. Ce genre de manifestations de stress arrive fréquemment et peut s'arrêter spontanément. Mais attention, « si ça s'arrête, ça s'arrête vite ! Quelques jours, quelques semaines au maximum », précise la thérapeute. Donc, si les tics s'installent durablement, il faut s'en préoccuper pour éviter que le sentiment d'insécurité ne s'accentue. « Cette situation peut être rapide à dénouer si elle est prise tôt. Quelque chose cherche à sortir, il faut l'aider ! Comment ? En remontant le temps pour trouver quel(s) événement(s) l'angoisse(nt) : la scolarité, l'ambiance à la récré... Et si le dialogue avec l'enfant ne permet pas d'en venir à bout, il ne faut pas hésiter à consulter », conclut Noëlle Le Cam.

Anne Gauthier

© L.Mouton/Photo Alto/Getty Images


(Article publié le 20.01.12)
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