|
Le surpoids des adolescentsSi l'obésité, qui concerne 3,5% des 3 à 17 ans, ne progresse plus en France, le surpoids ne faiblit pas et touche 14,3% de cette population1. Pouvant causer des complexes, une santé fragile et une discrimination, les problèmes de poids des ados doivent être pris très au sérieux. Le point sur la question avec le Dr Dominique-Adèle Cassuto2, endocrinologue et nutritionniste, spécialiste des troubles alimentaires chez les enfants et les adolescents. Les causes Statistiquement, les risques sont plus importants lorsque les parents ont un surpoids et s'ils ont un faible niveau socio-économique. Le problème de surpoids démarre à la puberté et peut traduire un mal-être. À l'adolescence, l'alimentation se « déstructure » : repas irréguliers ou sautés, grignotage, consommation excessive de boissons sucrées, parfois alcoolisées. Sédentaire, l'ado passe beaucoup de temps devant les écrans (de télévision ou d'ordinateur) et pratique de moins en moins de sport. Dès l'âge de 16 ans, les jeunes qui ne sont plus scolarisés ou en formation professionnelle n'ont bien souvent déjà plus d'activité physique régulière. Les complications L'ado en surpoids connaît rapidement des problèmes articulaires, respiratoires et cardio-vasculaires, et peut être atteint de diabète. Les problèmes psychologiques sont aussi inquiétants : baisse de l'estime de soi, troubles anxieux... L'ado se dévalorise, perd confiance en lui et peut parfois devenir agressif ou renfermé en réponse aux moqueries et discriminations. Les solutions Les consultations spécialisées pour les ados se sont beaucoup développées. Lors du premier rendez-vous, le médecin s'entretient avec le jeune et sa famille afin d'instaurer une relation de confiance. Pour les enfants âgés de moins de 12 ans, seuls les parents sont conviés. Le premier objectif est la stabilisation du poids, même si cela peut décevoir le jeune patient. La perte pondérale n'est envisagée que dans un second temps. On procède ensuite à un examen clinique qui doit être rassurant afin de permettre à l'ado de se familiariser avec un corps qui le déroute, de se le réapproprier et de prendre soin de lui. La prescription alimentaire doit être souple et adaptée à son mode de vie. Elle doit tenir compte de ses goûts et de son bien-être. Il faut enfin l'encourager à augmenter les temps d'activités physiques et diminuer sa sédentarité. Environnement familial, social et économique autant qu'actions éducatives : le problème est global, la prise en charge aussi. Patience et persévérance seront la clé du succès. 1. Sources : Étude nationale nutrition-santé (ENNS), 2006. 2. Coauteure de Ma fille se trouve trop ronde (éd. Albin Michel). © Image source / Photononstop |
|
(Article publié le 22.12.11)
|




