Jusque-là, vous aviez un charmant bambin, et voilà que depuis quelques mois, il dit non à tout, multiplie les colères, se met à avoir peur du noir. Mais que lui arrive-t-il ?
Non, c'est non !
Vers 2 ans, parfois un peu avant ou un peu après, un petit enfant découvre un mot magique qu'il met à toutes les sauces : « non ». Il se rend compte que ces trois lettres ont un effet énorme sur son entourage. Quand il les prononce, ses parents acceptent de négocier avec lui, parfois même ils cèdent. Il n'est donc plus un petit être passif, sans possibilité d'agir sur le monde. De quoi se sentir grisé et de continuer encore et encore à dire non. Votre tout-petit n'est donc pas subitement devenu très négatif, il cherche simplement à s'affirmer et à vous prouver qu'il a grandi.
Comment réagir ?
En ne vous montrant pas trop cassant car cela pourrait étouffer sa personnalité en éclosion. Et en désarmant son non en douceur : « J'ai bien entendu que tu n'as pas envie de prendre ton bain mais à la maison, ce sont nous, tes parents, qui décidons. »
Vous m'aimez vraiment ?
Sans même vous en rendre compte, vous n'avez plus tout à fait la même attitude avec votre enfant depuis qu'il a atteint ses 2 ans. Vous essayez de l'inciter à aller sur le pot et, parfois, cela crée des tensions. Du fait de ce non à répétition, vous êtes parfois excédé. Et puis vous n'êtes plus complètement sous le charme du poupon de quelques mois, à lui faire des risettes toute la journée ! Résultat, il est déstabilisé et peut même se demander s'il compte vraiment pour vous. D'où sa tendance à vous provoquer sans cesse pour que vous vous intéressiez à lui.
Comment réagir ?
Pour éviter de tomber dans un cercle vicieux, passez avec lui du temps de qualité, pour jouer, raconter des histoires, faire des câlins de manière à le sécuriser et le rassurer sur l'amour que vous avez pour lui.
J'ai peur...
Il pleure quand vous éteignez la lumière au moment du coucher, croit que des monstres se cachent sous son lit. Pourquoi ces angoisses ? Il perçoit avec de plus en plus d'acuité les états d'âme de ses parents, les tensions entre eux. Ses peurs trouvent aussi leur source dans son petit monde intérieur. À 2 ans, l'imaginaire commence à se développer, sans toujours bien se distinguer du réel. Il se demande si les monstres des livres ou des dessins animés ne vont pas surgir dans sa chambre.
Comment réagir ?
Soulagez-le des angoisses qui ne lui appartiennent pas, c'est-à-dire les vôtres. Dites-lui : « Aujourd'hui je suis un peu triste, mais cela n'a rien à voir avec toi, c'est une affaire de grands. » Et s'il est débordé par son imaginaire, faites-lui dessiner le monstre ou la sorcière qu'il redoute et enfermez le dessin à double tour dans un tiroir. À 2 ans, ce genre de rituel magique fonctionne très bien.
Isabelle Gravillon
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